Un client règle 1 000 dirhams par carte lundi. Le ticket du terminal dit 1 000. Le relevé bancaire, lui, affiche 987 dirhams et il les affiche mercredi. Ce n’est ni une erreur ni un vol : un paiement par carte n’est pas un événement mais une chaîne de trois opérations distinctes, séparées dans le temps et facturées au passage. Tant que vous raisonnez comme si c’était un seul geste, votre caisse et votre banque ne seront jamais d’accord.

L’essentiel en cinq points
- L’autorisation ne transfère aucun argent : elle réserve le montant sur le compte du client, rien de plus.
- La capture est ce qui déclenche réellement le paiement, souvent le soir, à la clôture du terminal.
- La remise regroupe la journée en un seul virement, ce qui explique que votre relevé ne montre pas une ligne par vente.
- Le montant crédité est net de la commission d’acquisition, prélevée au passage et non facturée séparément.
- Le décalage se compte en jours ouvrés : un samedi encaissé se retrouve en banque après le week-end.
1. Trois opérations, pas une
Ce que le commerçant vit comme « le client a payé » se décompose techniquement en étapes qui n’ont ni le même moment ni le même effet. Les confondre est la source de la quasi-totalité des écarts de caisse sur les encaissements par carte.
- L’autorisation : Le terminal interroge la banque du client, qui vérifie le solde et le plafond, puis bloque le montant. Aucun fonds ne bouge. Une autorisation peut expirer sans jamais devenir un paiement.
- La capture : Le commerçant confirme l’opération, en général automatiquement à la clôture quotidienne du terminal. C’est cette étape qui transforme une réservation en créance réelle.
- La remise : Les captures de la période sont envoyées en lot à l’acquéreur, qui les compense et déclenche le virement vers votre compte.
- Le crédit : Votre banque inscrit le virement, net de commission, à une date de valeur qui n’est pas forcément le jour de l’opération.
2. Pourquoi le montant crédité n’est pas le montant encaissé
La commission d’acquisition n’apparaît pas comme une facture que vous réglez : elle est retenue sur le virement. Vous encaissez 1 000 et vous recevez 1 000 moins la commission. Cette commission comprend plusieurs composantes, dont les frais d’interchange reversés à la banque du porteur.
Bank Al-Maghrib encadre cette composante : le plafond des frais d’interchange monétique domestique passe de 0,65 % à 0,50 % hors taxes au 1er octobre 2026, avec un plafond spécifique de 0,15 % pour les commerces de proximité et les services publics en ligne. L’interchange n’est cependant qu’une part de ce que vous payez : le reste rémunère votre propre acquéreur.
Un point qui n’est pas négociable : la commission est à la charge du commerçant et ne peut pas être répercutée sur le client. Facturer un supplément pour paiement par carte, ou fixer un minimum d’achat pour l’accepter, contrevient à cette règle.
3. Rapprocher la caisse et la banque sans y passer la matinée
Le rapprochement échoue presque toujours pour la même raison : on compare une liste de ventes à une liste de virements, alors que la remise a regroupé les premières dans les seconds. La méthode consiste à rapprocher par lot, pas par vente.
- Sortez le total carte de la journée depuis votre caisse, pas depuis le ticket Z du terminal seul.
- Imprimez ou téléchargez le bordereau de remise du terminal pour la même journée : c’est lui qui fait le lien.
- Vérifiez que le total du bordereau égale le total carte de la caisse ; un écart ici est un problème de caisse, pas de banque.
- Repérez le virement correspondant sur le relevé, en tenant compte du décalage en jours ouvrés.
- Contrôlez que la différence entre le bordereau et le virement correspond bien à la commission annoncée dans votre contrat.
Si la différence ne correspond pas au taux de votre contrat, vous avez un motif concret de discussion avec votre acquéreur — et une preuve chiffrée, ce qui change tout dans ce type d’échange.
La commission ne se répercute pas sur le client
Ajouter des frais pour paiement par carte, ou refuser la carte en dessous d’un montant, expose à une sanction : Bank Al-Maghrib rappelle explicitement que la commission d’acquisition reste à la charge du commerçant. Si le taux vous pèse, la réponse est de le renégocier, pas de le transférer au client.
4. Ce que BelloPOS enregistre, et ce qu’il n’enregistre pas
BelloPOS enregistre la vente et son mode de règlement au moment de l’encaissement : le montant, la carte comme moyen de paiement, et le ticket correspondant. C’est le chiffre de référence contre lequel vous rapprocherez le bordereau du terminal.
En revanche, BelloPOS ne se connecte pas au terminal de paiement et ne reçoit rien de votre banque. Le logiciel ne connaît ni la commission prélevée ni la date du virement : ces deux informations viennent du bordereau et du relevé. Le rapprochement reste un geste humain, mais il porte alors sur trois documents clairs au lieu d’une impression.
Les erreurs à éviter
- Comparer vente à vente avec le relevé — Le relevé ne montre pas les ventes mais les remises. Rapprochez lot par lot, en partant du bordereau du terminal.
- Prendre l’autorisation pour un paiement — Une autorisation peut expirer sans capture. Tant que la capture n’a pas eu lieu, vous n’avez pas été payé.
- Oublier les jours ouvrés — Un encaissement du vendredi soir ou du samedi n’arrive pas avant le début de la semaine suivante. Ce n’est pas un retard, c’est le cycle normal.
- Ne jamais lire son taux réel — Beaucoup de commerçants connaissent le taux de leur contrat mais n’ont jamais vérifié celui qui est réellement appliqué. Le calcul prend cinq minutes par mois.
Questions fréquentes
Pourquoi mon virement de la semaine ne correspond à aucune journée ?
Parce que votre contrat prévoit une remise hebdomadaire et non quotidienne. Le virement regroupe alors plusieurs jours ; il faut additionner les bordereaux de la période pour retrouver le montant.
Une autorisation bloquée peut-elle être annulée ?
Oui. Si la capture n’a pas lieu, la réservation tombe d’elle-même au bout de quelques jours et le client retrouve son plafond. Le délai dépend de la banque du porteur, pas de vous.
Puis-je fixer un minimum de dix dirhams pour accepter la carte ?
Non. Conditionner l’acceptation de la carte à un montant minimum revient à répercuter indirectement la commission, ce que la réglementation interdit.
La commission est-elle déductible ?
Oui, c’est une charge d’exploitation ordinaire, à enregistrer en services bancaires. Elle doit être comptabilisée pour son montant réel, ce qui suppose de la connaître.
À retenir
Un paiement par carte se lit en trois temps : l’autorisation qui réserve, la capture qui engage, la remise qui paie. Le montant crédité est net de commission et arrive en jours ouvrés. Rapprochez toujours par bordereau de remise, jamais vente par vente, et vérifiez une fois par mois que la commission réellement prélevée correspond à votre contrat.
Sources
Les chiffres et les règles cités ci-dessus viennent de ces pages, consultées à la date indiquée dans l’article.
- Bank Al-Maghrib, supervision bancaire et protection de la clientèle, consulté le 8 septembre 2026
- Al Barid Bank, grille tarifaire 2026, consultée le 8 septembre 2026
Une caisse qui vous donne le chiffre à rapprocher
BelloPOS enregistre chaque vente avec son mode de règlement, ce qui vous donne le total carte fiable à confronter au bordereau de votre terminal.
Pour aller plus loin
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