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Facturer un client étranger depuis le Maroc : biens, services et preuves

Qualifiez l’exportation, réunissez contrat, facture, douane ou preuve de service, puis suivez le rapatriement sans supposer que tout client étranger est hors TVA.

Par BelloCommerce

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L’adresse étrangère du client ne transforme pas automatiquement la vente en exportation exonérée. La vraie question est : qu’avez-vous livré, où le bien est-il parti ou où le service est-il utilisé, et quelles preuves relient le contrat au règlement ?

Équipe marocaine préparant le dossier de facture pour un client étranger
Équipe marocaine préparant le dossier de facture pour un client étranger.

Le dossier export en une page

  • Identifier juridiquement le client non-résident.
  • Distinguer bien, service et opération mixte.
  • Signer un contrat commercial cohérent avec la facture.
  • Vérifier la qualification TVA avec le comptable.
  • Réunir la preuve douanière ou de service.
  • Suivre l’échéance de rapatriement applicable.
  • Conserver facture, banque et justificatifs dans une même lignée.

1. Un client étranger n’est que le début du test

Pour un bien, suivez la marchandise : destination, déclaration douanière, transport, quantité et correspondance avec la facture. Pour un service, documentez le livrable, la période, le bénéficiaire et l’endroit où il est exploité ou utilisé. L’article 92 du CGI vise notamment les services destinés à être exploités hors du Maroc et ceux portant sur des marchandises exportées pour des entreprises établies à l’étranger. Le nom de domaine ou la nationalité du signataire ne suffit pas.

SituationQuestion décisivePièces attendues
Bien exportéLa marchandise quitte-t-elle le territoire concerné ?Contrat, facture, DUM, transport
Service exportéOù et par qui le service est-il exploité ?Contrat, livrables, facture, règlement
Vente locale à un étrangerLivraison et usage restent-ils au Maroc ?Dossier de vente locale
Projet mixteQuelles parts sont bien, service ou frais ?Ventilation et validation

Faites trancher les cas limites avant d’émettre. Corriger une promesse commerciale est plus simple que reconstruire après coup une exonération insuffisamment prouvée.


2. Faites correspondre contrat, facture et preuve

Le contrat doit identifier les parties, la prestation ou les biens, le prix et sa devise, l’échéance, les livrables, l’acceptation et les frais. La facture reprend la réalité exécutée et les mentions applicables. Pour les services, le CGI demande notamment une facture au nom du client à l’étranger et des justificatifs de règlement en devises visés par l’organisme compétent ou équivalents. Pour les biens, titres de transport, documents douaniers et pièces d’exportation soutiennent l’exonération.

  1. Obtenir raison sociale, adresse et identifiant étranger utile.
  2. Vérifier qui commande, reçoit et paie.
  3. Décrire précisément le bien ou service.
  4. Aligner devise, Incoterm si pertinent et frais.
  5. Émettre après le fait contractuel validé.
  6. Joindre la preuve d’exécution ou d’expédition.
  7. Rapprocher l’encaissement du client facturé.
  8. Archiver toute correction liée.

Si un groupe fait commander une société et payer une autre, expliquez la relation et obtenez les pièces avant de solder. Un virement d’un tiers non documenté fragilise la lecture du dossier.

3. Pilotez le rapatriement comme une échéance opérationnelle

L’IGOC 2026 impose en principe le rapatriement intégral. Pour les biens, le délai maximal est de 150 jours à compter de l’enregistrement de la déclaration douanière. Pour les services, il est de 90 jours à compter de la réalisation des prestations. Ces horloges ne partent donc pas nécessairement de la même date que votre relance commerciale.

FluxPoint de départ IGOC 2026Délai normal maximal
Export de biensEnregistrement de la déclaration douanière150 jours
Export de servicesRéalisation de la prestation90 jours

Créez une alerte avant l’échéance, pas le dernier jour. En cas d’insolvabilité ou de litige, conservez les preuves et les démarches de recouvrement ; l’IGOC prévoit d’informer l’Office des Changes. Demandez à la banque comment documenter le cas concret.

Ne mettez pas « exonéré export » par réflexe

Une adresse étrangère, un paiement en devise ou un appel vidéo ne prouve pas seul l’exportation au sens fiscal. Conservez la qualification et les preuves qui correspondent au flux réel.

4. Une lignée unique, plusieurs responsabilités

BelloPOS Pro peut relier devis, commande, facture, avoir et paiements. Ajoutez dans le dossier externe la DUM, le transport, le livrable, l’acceptation et les pièces bancaires lorsque ces documents dépassent le périmètre de la caisse.

  • Commercial : identité, contrat et termes
  • Opérations : expédition ou exécution
  • Comptable : qualification TVA et écritures
  • Banque : canal et justificatif de règlement
  • Direction : échéance de rapatriement et litiges

Un tableau simple avec numéro de facture, nature, date de départ du délai, montant, devise, reçu et solde suffit souvent à empêcher qu’une échéance disparaisse entre équipes.

Les erreurs à éviter

  • Confondre étranger et export.
  • Facturer une société mais encaisser d’un tiers sans explication.
  • Perdre la DUM ou l’acceptation de service.
  • Démarrer le délai depuis la mauvaise date.
  • Attendre l’échéance de rapatriement pour relancer.
  • Mélanger TVA, change et marge commerciale.

Questions fréquentes

Tout client étranger est-il facturé sans TVA ?

Non. Il faut qualifier la livraison ou le service et satisfaire les conditions et preuves du CGI.

Quel délai pour rapatrier une exportation de biens ?

L’IGOC 2026 prévoit normalement au maximum 150 jours après l’enregistrement de la déclaration douanière.

Et pour un service ?

Le délai normal indiqué par l’IGOC 2026 est de 90 jours à partir de la réalisation de la prestation.

Quelles preuves pour un service exporté ?

Contrat, livrables/acceptation, facture au client étranger et justificatifs de règlement, avec tout élément démontrant l’usage hors du Maroc.

BelloPOS décide-t-il de l’exonération ?

Non. Il conserve la lignée commerciale et les paiements ; la qualification fiscale et de change doit être validée.

À retenir

Le dossier convaincant ne dit pas seulement « client étranger » : il relie identité, flux réel, contrat, facture, preuve d’exportation, banque et rapatriement.

Sources

Les chiffres et les règles cités ci-dessus viennent de ces pages, consultées à la date indiquée dans l’article.

Cartographiez votre prochain dossier export

Avant l’émission, attribuez chaque preuve et chaque échéance à une personne nommée.

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