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Pertes de stock en restaurant : cinq causes, cinq remèdes

« On jette trop » n’est pas un diagnostic. La perte a cinq formes, et elles n’ont rien à voir entre elles : la plus grosse ne se voit pas dans la poubelle. Voici comment les séparer et ce qui règle chacune.

Par BelloCommerce

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« On jette trop » est la phrase la plus trompeuse d’une cuisine. La perte prend cinq formes, elles n’ont ni la même cause ni le même remède, et la plus coûteuse ne passe jamais par la poubelle : c’est la portion trop généreuse, servie et encaissée, invisible à tout le monde. Voici comment séparer les cinq, et le remède propre à chacune.

Réserve d'un restaurant : c'est ici que la marge se perd
Réserve d’un restaurant : c’est ici que la marge se perd.

En bref

  • La plus grosse perte est servie, pas jetée. Vingt grammes de trop, cent fois par semaine.
  • La deuxième entre par la porte de livraison, non contrôlée : vous payez ce que vous n’avez pas reçu.
  • La casse et la péremption sont visibles, donc surestimées : elles sont rarement le premier poste.
  • Le vol existe et il est petit, mais il ne se voit que quand le reste est propre.
  • Rien ne se corrige sans mesure. Enregistrez la perte avant d’essayer de la réduire.

Les cinq formes de perte

Traitées ensemble, elles restent insolubles. Séparées, quatre sur cinq se règlent avec une habitude et non avec un achat.

La formeOù elle se produitLe remède
La sur-portionAu dressage, en continu, sans que personne s’en aperçoive.Peser deux portions au hasard par service, en plein rush.
La réception non contrôléeÀ la livraison : poids annoncé, poids réel, qualité.Peser et pointer contre le bon d’achat, avant de signer.
La péremptionEn réserve et en chambre froide, sur les produits datés.Premier entré premier sorti, et un contrôle des dates hebdomadaire.
La casse et l’erreurAu service : plat renvoyé, assiette cassée, erreur de commande.Une sortie de stock enregistrée, avec motif, à chaque fois.
Le prélèvementRepas du personnel, offert au client, emporté.Un motif de sortie dédié : offert, personnel, casse.

Notez que trois de ces cinq lignes ne coûtent rien à corriger. Elles demandent une habitude quotidienne, pas un budget, et c’est précisément pour cela qu’elles sont si souvent remises à plus tard.


Pourquoi la sur-portion domine

Elle a trois propriétés qui la rendent redoutable, et aucune n’est partagée par les autres formes.

  • Elle est invisible assiette par assiette : Personne ne voit vingt grammes. Le client est content, le cuisinier aussi, et rien dans la journée ne signale quoi que ce soit. Elle ne devient visible qu’à l’inventaire, un mois plus tard, sous la forme d’un écart qu’on attribuera à autre chose.
  • Elle porte sur vos produits les plus chers : On ne dérape pas sur le riz, on dérape sur la viande et le poisson. La perte suit donc le coût, pas le volume, ce qui la rend disproportionnée par rapport au sentiment qu’on en a.
  • Elle se corrige sans rien acheter : Une balance et deux contrôles par service. C’est le meilleur rapport entre effort et récupération de toute la liste, et il ne se dégrade pas tant que le contrôle continue.

Le lien avec la carte est direct : une portion qui dérive rend faux le coût matière calculé dans vos https://blog.bellocommerce.com/food-cost-restaurant/, et vous prenez ensuite des décisions de prix sur une fiche qui ne correspond plus à ce qui sort de la cuisine.

La méthode, en six semaines

Une chose par semaine. C’est ce rythme qui tient, pas le grand plan du dimanche soir.

  1. Semaine 1 : mesurez. Créez trois motifs de sortie, casse, offert, personnel, et enregistrez tout. Ne corrigez rien encore.
  2. Semaine 2 : la réception. Pesez chaque livraison contre le bon d’achat avant de signer, et notez les écarts.
  3. Semaine 3 : les portions. Deux pesées au hasard par service, sur vos trois produits les plus chers.
  4. Semaine 4 : les dates. Un contrôle hebdomadaire des produits datés, ancien devant, nouveau derrière.
  5. Semaine 5 : un comptage tournant. Un rayon ou une chambre par semaine, pas l’inventaire complet.
  6. Semaine 6 : lisez. Comparez la perte enregistrée à l’écart d’inventaire. La différence entre les deux, c’est ce que vous ne mesurez pas encore.

L’étape 6 est la seule qui compte vraiment. Une perte enregistrée de deux cents dirhams et un écart d’inventaire de mille dirhams vous disent qu’il manque huit cents dirhams de causes non mesurées, et c’est là qu’il faut chercher, pas ailleurs.

Peser la portion : la perte la plus grosse est aussi la plus invisible
Peser la portion : la perte la plus grosse est aussi la plus invisible.

N’annoncez pas un chiffre de perte à votre équipe la première semaine

Tant que vous n’enregistrez pas, vous n’avez pas de chiffre, vous avez une impression. Et une impression annoncée comme un chiffre fait exactement ce que fait un soupçon sur un écart de caisse : elle arrête les déclarations. Mesurez d’abord en silence pendant une semaine, montrez ensuite les chiffres réels, et l’équipe déclarera la casse au lieu de la cacher.

Le contexte marocain

L’achat au marché, d’abord. Une partie du frais s’achète sans document exploitable, au poids annoncé par le vendeur, et sans pesée à l’arrivée personne ne saura jamais si les cinq kilos payés étaient cinq kilos. C’est le poste le plus facile à récupérer parce qu’il ne demande qu’une balance à la porte de livraison.

La chaleur ensuite, et le Ramadan. L’été raccourcit la durée de vie du frais bien avant la date affichée, et le Ramadan déplace la demande sur quelques heures avec des volumes préparés à l’avance. Les deux augmentent mécaniquement la péremption, et tous deux sont prévisibles : c’est l’historique de l’an dernier, produit par produit, qui permet de commander juste plutôt que de commander large.

Ce qui récupère le plus, par effort

Du meilleur rapport au moins bon.

  • Peser deux portions par service. Presque rien à faire, beaucoup à récupérer.
  • Peser les livraisons avant de signer. Une balance et cinq minutes.
  • Enregistrer la casse avec un motif. Gratuit, et c’est ce qui rend le reste lisible.
  • Premier entré premier sorti. Une habitude de rangement, pas un investissement.
  • Comptages tournants. Une heure creuse par semaine, sans fermer.

Les erreurs à éviter

  • Traiter toute la perte comme du gaspillage. La plus grosse part est servie, pas jetée.
  • Corriger avant de mesurer. Vous ne saurez jamais si cela a marché.
  • Signer un bon de livraison sans peser. C’est accepter de payer un poids que vous n’avez pas vérifié.
  • Faire un seul inventaire par an. Un écart vieux de dix mois ne s’explique plus.
  • Commencer par soupçonner l’équipe. Le vol est le plus petit des cinq postes et le dernier à diagnostiquer.

Questions fréquentes

Quelle est la première cause de perte de stock en restaurant ?

La sur-portion : des portions un peu plus généreuses que la fiche technique, servies et encaissées. Elle ne passe jamais par la poubelle, porte sur les produits les plus chers, et n’apparaît qu’à l’inventaire. C’est aussi celle qui se corrige le moins cher, avec une balance et deux contrôles par service.

Comment mesurer les pertes sans logiciel compliqué ?

Créez trois motifs de sortie de stock, casse, offert et personnel, et enregistrez chaque sortie pendant une semaine sans rien corriger. Comparez ensuite ce total à l’écart constaté au comptage. La différence entre les deux vous dit ce que vous ne mesurez pas encore, et c’est là que se trouve l’argent.

Faut-il peser les livraisons ?

Oui, et c’est le contrôle le plus rentable après les portions. Sans pesée à la réception vous payez le poids annoncé, pas le poids reçu, et l’écart ne se voit nulle part ensuite. Une balance à la porte de livraison et cinq minutes par livraison suffisent.

Quel taux de perte est normal en restauration ?

Il varie trop selon la cuisine, la carte et la saison pour qu’un chiffre général veuille dire quoi que ce soit, et nous n’en publions aucun. Mesurez le vôtre pendant un mois, puis suivez son évolution : c’est la tendance de votre propre chiffre qui est utile, pas la comparaison avec une moyenne.

Le vol est-il une cause importante ?

C’est la plus petite des cinq dans la plupart des établissements, et surtout la dernière diagnosticable. Tant que les portions, la réception, les dates et la casse ne sont pas mesurées, un écart ne prouve rien. Une fois tout cela propre, un écart régulier dans un seul sens devient une information sérieuse.

À retenir

Arrêtez de parler de gaspillage et commencez à parler de cinq postes distincts. Mesurez une semaine sans rien corriger, pesez les livraisons, pesez deux portions par service, enregistrez la casse avec un motif, et comptez un rayon par semaine. Au bout de six semaines vous saurez lequel des cinq vous coûte le plus, et dans la plupart des cuisines ce ne sera pas celui que l’équipe et vous auriez désigné le premier jour.

Enregistrez la perte là où elle se produit

BelloPOS suit le stock, enregistre les sorties avec leur motif et garde les prix d’achat saisis à la réception, donc l’écart entre le théorique et le réel devient lisible. Tout fonctionne hors ligne, licence Lite gratuite à vie.

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